Augmentation du prix du gasoil, pouvoir d’achat, transports en commun et saturation des trains

« L’augmentation du prix du gasoil impacte fortement mon pouvoir d’achat et je n’ai pas de solution pour rejoindre Lyon en transports en commun : pas de bus à Chasselay, TER bondés, retards quotidiens, inconfort. J’ai l’impression que tout est fait pour les grandes villes, rien pour les gens qui vivent en dehors. Il y a pourtant des solutions : développement du télétravail, création et soutien aux espaces de co-working qui pourraient être aménagés en périphérie… »

Vous mettez tout d’abord à l’index l’augmentation du prix du carburant qui affecte votre pouvoir d’achat. Les trois quarts de cette hausse sont dus à l’augmentation du prix du baril de pétrole ; c’est donc un phénomène international sur lequel nous agissons, bien sûr, mais pour lequel tout ne dépend pas directement de notre action.

En ce qui concerne les 25% de hausse restants, ils sont en revanche effectivement dus à la mise en place de la fiscalité écologique qui vise à atteindre nos objectifs en matière de transition énergétique et de lutte contre le réchauffement climatique. Cette hausse correspond précisément à 7,6 centimes sur le diesel et 3,9 centimes sur l’essence.

Il s’agit là d’une décision que nous assumons car nous le savons tous : face à l’urgence écologique, nous n’avons pas d’autre choix que d’aller progressivement vers une économie décarbonée. Il serait en effet irresponsable de la part de notre gouvernement de constater les conséquences dues aux changements climatiques sans pour autant prendre les mesures nécessaires pour modifier progressivement nos habitudes dans un sens plus respectueux de l’environnement.

De manière parallèle à la mise en place de la fiscalité écologique, le Gouvernement a également décidé de créer une prime à la conversion pour inciter les Français à se tourner vers des véhicules plus écologiques ; cette prime, valable également pour les véhicules d’occasion, rencontre depuis le début de l’année un succès très important et elle sera significativement renforcée dès 2019.

En ce qui concerne la question des péages urbains qui existent déjà dans plusieurs pays d’Europe, le gouvernement, à la demande de nombreux élus locaux, a souhaité rendre possible des expérimentations en la matière en adaptant pour cela notre législation dans le cadre de la Loi d’Orientation des Mobilités (loi L.O.M.).

Ces expérimentations, si elles sont mises en œuvre, auront pour but de lutter contre la pollution et les nuisances environnementales.

Néanmoins, chaque collectivité restera totalement libre, dans le cadre des contraintes législatives qui lui sont imposées, d’expérimenter ou pas ce type de dispositif.

Dans votre cas, il appartient donc à la Métropole de Lyon de se prononcer sur son souhait de mettre en place ou pas un péage urbain.

Néanmoins, pour votre complète information, plusieurs responsables de l’exécutif métropolitain se sont déclarés intéressés par l’expérimentation d’un « péage de transit ». L’idée serait ainsi de dissuader les automobilistes qui souhaitent traverser le centre-ville de Lyon pour se rendre ailleurs, et donc de les inciter à passer par les voies de contournement. Elle ne serait pas de pénaliser financièrement, comme l’a fait la ville de Londres, ceux qui veulent se rendre dans Lyon pour y travailler ou pour leurs loisirs.

C’est une différence très notable pour un projet qui, à ce stade, n’a néanmoins pas fait l’objet d’annonce officielle.

Vous notez également que le développement de transports en commun accessibles et nombreux conditionne aussi leur plus grande fréquentation. Je ne peux évidemment qu’être d’accord avec vos constats. Mais là encore, l’État n’est pas décideur sur ces questions dont la gestion en France est décentralisée.

Ainsi, en ce qui concerne le développement des lignes de bus et des fréquences de passage, il dépend directement des choix faits par l’autorité organisatrice des transports. Comme la commune de Chasselay n’a pas demandé à intégrer la Métropole de Lyon, l’organisation des transports en bus est donc de la responsabilité du département du Rhône.

Quant à celle des trains et plus particulièrement des TER, c’est cette fois la Région Rhône-Alpes qui décide de tout ce qui concerne son territoire.

Je vous encourage donc à leur faire directement part de vos constats et éventuelles propositions quant à la situation précise que vous vivez et que vous décrivez dans votre courriel. Sachez néanmoins que ces différentes autorités sont, je crois, conscientes du très fort développement de votre territoire et de la nécessité d’agir et d’investir pour y faire face.

Enfin, vous citez plusieurs solutions qui pourraient permettre de pallier, au moins en partie, les inconvénients que vous listez ; je souhaite à mon tour vous citer quelques initiatives qui vont dans votre sens et participeront demain à rétablir la situation des déplacements sur notre territoire :

  • Le projet de mise en place d’une ligne de Bus à Haut Niveau de Service entre la ville de Trévoux et celle de Sathonay devrait permettre d’alléger de façon conséquente le nombre élevé d’habitants de l’Ain qui prennent le TER pour Lyon à partir de la gare de Saint-Germain-au-Mont-d’Or ; je suis partie prenante de ce projet essentiel pour notre territoire ;
  • la mise en place à Saint-Germain-au-Mont-d’Or d’un parking-relais en superstructure (à étages) pouvant accueillir de 500 à 700 véhicules est planifiée pour 2022 et devrait permettre de faciliter grandement le stationnement aux abords de la gare ; également conseillère municipale de cette ville, je suis naturellement de très près ce dossier ;
  • la construction en cours d’un pôle entrepreneurial avec création de bureaux et d’espaces de coworking sur la zone industrielle de Genay va permettre de développer de nouveaux modes de travail dans le but, entre autres, d’alléger les déplacements domicile-travail.

Il ne s’agit là que de quelques exemples, mais ils préfigurent un vrai bouleversement à venir en matière de mobilité et de déplacements.

A la place qui est la mienne, je faciliterai naturellement toutes les évolutions législatives qui permettront d’accélérer ainsi le déploiement de ces projets et de ces solutions indispensables à une qualité de vie élevée sur notre territoire.