Néonicotinoïdes : pourquoi je me suis abstenue.

J’ai été maintes fois interpellée au sujet du projet de loi permettant la réintroduction temporaire de certains produits phytosanitaires, notamment les néonicotinoïdes.

Sommée de voter contre ce projet de loi par certains, invitée à le soutenir par d’autres.

Au terme des débats qui ont été menés à l’Assemblée nationale, des rencontres que j’ai organisées, avec des apiculteurs, avec des agriculteurs, au vu des amendements qui ont été adoptés, ou de ceux qui ont été rejetés, le texte final  ne m’a pas semblé apporter suffisamment de garanties pour que je lui apporte mon soutien.

C’est pourquoi je me suis abstenue.

Ma sensibilité première penchait pour un rejet de cette réintroduction, car sans une position ferme et irrévocable, le risque est grand que s’installe un immobilisme dans la recherche de solutions alternatives.

Mais il me semble également impossible d’abandonner les agriculteurs producteurs de betteraves et les 46 000 emplois de la filière, menacés à très court terme s’il n’était pas possible de planter à la fin de l’hiver et au printemps prochain.

D’autant que les éléments de ce dossier montrent que nos voisins polonais, allemands ou belges ont déjà fait le choix d’accorder des dérogations.

Des éléments positifs ont été apportés par amendement au projet de loi initial, en associant notamment les parlementaires, mais également l’Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation, à un conseil de surveillance chargé du suivi et du contrôle de la recherche et de la mise en œuvre d’alternatives aux produits phytopharmaceutiques contenant une ou des substances actives de la famille des néonicotinoïdes.

Il a, par ailleurs, été inscrit dans la Loi – ce qui n’était pas le cas dans le projet initial – que les dérogations ne pourront être accordées que pour l’emploi de semences de betteraves sucrières, en continuant à interdire toute pulvérisation. La betterave ne fleurissant pas, l’impact sur les insectes pollinisateurs reste très minime et indirect.

Il me semble donc que le compromis trouvé est équilibré, que l’impact environnemental a été correctement encadré afin de ne pas donner un blanc-seing à la réintroduction massive des néonicotinoïdes, tout en permettant la préservation d’une des toutes premières filières agricoles de France.

J’eusse préféré toutefois que l’autorisation des dérogations eut été plus restreinte dans le temps afin de forcer à l’accélération de la recherche de solutions alternatives, position qui explique mon abstention.